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L'équipe de foot de Naples

Quartiers Espagnols de Naples, football, Maradona, équipe de foot de Naples
Quartiers Espagnols de Naples, football, Maradona, équipe de foot de Naples

Au printemps 2023, il suffisait de se promener dans Naples pour comprendre qu’il se passait quelque chose.

Des drapeaux bleus aux fenêtres, des banderoles tendues au-dessus des ruelles, des maillots du Napoli partout. Petit à petit, la ville se colorait aux couleurs de son équipe. Et dans les conversations, il n’y avait presque plus qu’un seul sujet : le Scudetto (le championnat d'Italie). Au bar, autour d'un café, dans les commerces, entre amis ou en famille, tout le monde en parlait. Mais attention à ce que vous disiez ! À Naples, les superstitions font partie du quotidien, et il était hors de question d'affirmer trop tôt que le Napoli allait gagner le championnat. On ne sait jamais, ça pourrait porter malheur...

Alors même si le titre semblait de plus en plus proche, mieux valait rester prudent. On croisait les doigts, on espérait, on attendait. Et pendant ce temps, le bleu continuait d'envahir les rues.

Cela faisait 33 ans que Naples attendait de retrouver le titre de championne d’Italie. Trente-trois ans depuis les deux premiers Scudetti remportés à l’époque de Maradona. Et pour la première fois depuis 1990, le rêve était enfin à portée de main.

Le 4 mai 2023, après un match nul contre l’Udinese, le Napoli est officiellement devenu champion d’Italie. Le titre était acquis, mais les célébrations allaient se poursuivre bien au-delà de cette soirée ! Un mois plus tard, le 4 juin, c’était au tour de la ville de célébrer ses champions lors de la dernière journée du championnat.

Ce soir-là, j’étais sur la Piazza del Plebiscito, la grande place du centre de Naples, où des écrans géants avaient été installés pour suivre le match.

Et même si le titre était déjà acquis, l’ambiance était folle. Les chants, les feux d’artifice, les drapeaux brandis dans tous les sens, les maillots bleus… La place était en fête. Il suffisait de regarder autour de soi pour voir à quel point ce moment comptait pour les personnes présentes.

Je connaissais déjà la passion des Napolitains pour leur équipe. J’avais assisté à plusieurs matchs au stade et j’avais pu voir de mes propres yeux cette ferveur, les chants, les émotions et l’attachement des supporters au Napoli, qui dépasse largement le cadre du football. À Naples, on parle parfois d'une véritable foi azzurra.

Mais je crois que c’est pendant cette période que j’ai vraiment compris ce que cette équipe représentait pour la ville. Ce qui m’a le plus marquée, ce n’était pas seulement l’euphorie de cette soirée sur la Piazza del Plebiscito. C’était tout ce qu’il y avait derrière.

Pendant des semaines, on avait senti cette fierté grandir dans la ville. On en parlait partout, tout le temps. Même en allant simplement boire mon café au bar, impossible d’y échapper. Tout le monde avait quelque chose à dire sur le Napoli.

À Naples, le Napoli ne se résume pas à une équipe de football. Il fait partie de la vie quotidienne. Il rassemble, il fait parler, il suscite des émotions que l’on partage bien au-delà du stade.

Et ce Scudetto avait aussi quelque chose de profondément intergénérationnel. Il y avait les parents et les grands-parents qui avaient connu les victoires de l’époque de Maradona, qui avaient attendu des décennies pour revivre un tel moment. Et puis il y avait leurs enfants, fiers de pouvoir dire, eux aussi : je l’ai vécu. Eux aussi pourraient raconter où ils étaient ce jour-là, avec qui ils avaient regardé le match, comment la ville avait célébré la victoire. Ce n’était plus seulement un souvenir transmis par les générations précédentes. C’était leur propre histoire, un moment important de l’histoire de leur ville qu’ils venaient de vivre à leur tour.

Bien sûr, il y avait la joie d’être champion d’Italie. Mais il y avait aussi la fierté de Naples, de ses habitants, de cette ville qui attendait ce moment depuis 33 ans et qui pouvait enfin le célébrer.

Quand je repense à cette période, je revois Naples en fête, les feux d’artifice et les drapeaux bleus. Mais je repense surtout à cette fierté que l’on ressentait.

C’est aussi pour cela que j’aime raconter cette ville au-delà de ce que l’on découvre au premier regard. Parce qu’ici, derrière une passion comme le football, il y a une histoire, des souvenirs transmis de génération en génération et un attachement à la ville que l’on comprend vraiment en prenant le temps de l’observer.